
La culture se nourrit de liberté, d’échanges internationaux et de relations de confiance. Elle a besoin d’une Suisse qui reste neutre tout en conservant sa capacité d’action.
Le 27 septembre 2026, nous ne voterons pas sur le maintien de la neutralité suisse. Celle-ci est déjà inscrite dans la Constitution fédérale. Il s’agit d’une initiative qui entend y ancrer une conception restrictive de la neutralité et limiter la marge de manœuvre politique de la Suisse.
Le 27 septembre 2026 : non à l’initiative sur la neutralité.
La culture a besoin d’ouverture et de liens internationaux
Le secteur culturel suisse entretient des liens étroits à l’échelle internationale. Coproductions, festivals, tournées, résidences, prêts d’œuvres et traductions reposent sur une confiance mutuelle et des relations fiables.
L’initiative ne restreindrait pas directement cette coopération. Elle réduirait toutefois la marge de manœuvre de la Suisse en matière de politique étrangère, dans un contexte où la coopération culturelle dépend de l’ouverture, de la confiance et de la fiabilité des relations.
La solidarité exige une marge de manœuvre
Les guerres touchent aussi la culture. Les artistes et les autres acteurs culturels subissent la censure, les persécutions et les déplacements forcés. Des institutions culturelles sont détruites, tout comme les ressources et les infrastructures indispensables à la création. Le secteur culturel suisse entretient des liens avec des personnes et des institutions dans des pays touchés par la guerre et la répression. Il s’engage pour la liberté artistique et la diversité culturelle.
La Suisse doit pouvoir continuer à réagir aux violations graves du droit international. L’initiative interdirait dans une large mesure les sanctions non militaires à l’encontre des États belligérants. Seules les sanctions de l’ONU et les mesures visant à empêcher le contournement de sanctions étrangères feraient exception. Selon l’appréciation des autorités fédérales, l’acceptation de l’initiative devrait également entraîner la levée des sanctions en vigueur contre la Russie.
Neutralité et responsabilité vont de pair
La Suisse pratique déjà une neutralité permanente et armée. Elle n’appartient à aucune alliance militaire et ne participe pas aux guerres entre d’autres États. Dans le même temps, sa pratique actuelle de la neutralité lui permet de décider de manière autonome de l’adoption de sanctions et de s’engager en faveur de la paix, des droits humains et du droit international.
La médiation et les bons offices font eux aussi déjà partie de la pratique suisse. L’initiative n’apporte aucune plus-value tangible dans ce domaine. Les changements porteraient avant tout sur les restrictions de la marge de manœuvre en matière de sanctions et de politique de sécurité.
En tant que petit pays, la Suisse est particulièrement tributaire d’un ordre international dans lequel le droit international est respecté. Être neutre et assumer ses responsabilités ne sont pas incompatibles.
Un paysage culturel ouvert et ancré dans les échanges internationaux a besoin d’une Suisse crédible et capable d’agir.